Sablier

De source sûre
Le temps passe
Flingue les toitures
Les godasses
Et coûte que coûte
Décompte
À plein temps joue
La montre

De source sûre
Nos matins s’cassent…
Net, sans bavure
Se ramassent
La figure
Et sans arrêt
Se tuent, passent
Leur temps
À trépasser

Et depuis le bout de l’espace
Jusqu’aux fond des impasses
Idem
Pour les cigales qui friment
Et toi la fourmi qui trime
C’est la même
Ça doit être ça l’égalité
Tous des grains dans le même sablier
C’est confirmé

De source sûre
Le temps passe
Flingue les voitures
Les audaces
Et sans pause
S’écoule
S’impose
Déboule

De source sûre
Le temps passe
Mais n’en a cure
S’en fout hélas
Il n’a de cesse
De tracer
Ne tient pas en place
Ne sait pas s’arrêter

Alors toi t’as plus qu’à semer
Comme des journées
Ces graines
Que tu rêverais d’arroser
D’un peu de sacré
Pour en secret
Voir pousser des
Monstres sucrés

Mais au lieu d’ça, mon vieux
Sans pré-avis, il pleut
Des discordes
Et des hordes
D’envieux

Il pleut des sots
À torrent, des déçus
T’en aura plein la vue
Des heures perdues
Et des p’tits cons - tretemps
Qui t’font perdre ton temps
Précieux
Et puis
De la distance ?
Tu penses…
Entre les amoureux

Mais si on s’manque
On peut aussi
S’recommençer
Mais seulement si
Le temps le permet

On nous le promet
On nous l’assure
Sur tous les tons
Que l’eau carbure
Sous tous les ponts
A toute allure
En toutes places
Une chose est sûre

Le temps passe
Un bout qu’ça dure
Et pour qu’ça passe
Ce sera coton
T’as pas fini
De gratter ton
Crâne dégarni




Paroles et musique : Jean Caron