L'Homme s'entête

D'ici messieurs l'on voit nettement
Comme
Se débat laborieusement
L'homme

Approchez-vous plus près
Bien en face du viseur
Zoomez sur l'un d'entre eux
Et vous remarquerez
Son air interrogateur
Et la crainte dans ses yeux

Nous n'avons jamais su
S'ils étaient juste fous
Ou trop compliqués
Bientôt ils n'auront plus
L'occasion de nous
Faire rigoler
Petits robots
Deshumanisés

Dans cet univers
D'étranges spacy-men
Abandonnés, perdus
Sanglotent, éperdus
Ils déchantent à tue-tête
Attendent les allumettes
Et la poudre
Ou bien l'escampette


Pauvres pantins
Pathétiques
Dessus leur lopin
Désertique
Calamiteuse poubelle
Remplie de père en fils
Placée en quarantaine
Par nos services

Cette drôle de créature
C'est une étrange chose
Se plaît à tronçonner
La fragile branche sur
Laquelle elle repose
Depuis des années

On voudrait qu’ils comprennent
Qu’ils se sont fourvoyés
Avant de classer cette affaire
Mais ils s'acharnent, ils traînent
Et s’obstinent à brailler
Leurs petits poings
Tendus en l'air
N'y portez pas trop d'attention
Il s'agit bien là d'une exception

Dans cet univers
D'étranges spacy-men
Abandonnés, perdus
Sanglotent et remuent
Ils déchantent à tue-tête
Attendent qu'on leur promette
La lune
Ou bien un des astres


Pauvres bestioles
Sans collier
Étranges mariolles
Hébétés
Créatures incompatibles
Avec l'auto-gestion
Terreau trop peu fertile
À l'évolution

Devant sa glace
L'homme s'inquiète
Son sang se glace
Et l'homme s'entête
Cet homme sans tête
N’a plus sa place
Et dans l’univers...


Pauvres bestioles
Sans collier
Etranges mariolles
Hébétés
Créatures incompatibles
Avec l'auto-gestion
Terreau trop peu fertile
À l'évolution
Mais l'homme s'entête !


Paroles et musique : Jean Caron